mardi 21 octobre 2014

Vous êtes ici : échoplanète - Environnement, économie et solidarité en Provence » Actu » Biodiversité » Les récifs artificiels du Prado ne passeront plus inaperçus (1)

Les récifs artificiels du Prado ne passeront plus inaperçus (1)

25.01.2011 / Biodiversité / Source : Rédaction Wiki2d - Carole Hoareau redacwiki2d@gmail.com

Imprimez :

Les autorités procèdent en ce moment au balisage des récifs installés dans la rade de Marseille.

Plus de trois ans après l’immersion des premiers blocs de béton dans la baie du Prado, la zone est enfin balisée.

Depuis mercredi dernier, un bateau de l’État du service des Phares et Balises installe les imposantes balises destinées à signaler les récifs artificiels immergés aux usagers de la mer. Trois bouées jaunes de près de 40 mètres délimitent désormais cette zone réglementée de plus de 200 hectares, où l’ancrage, la pêche, l’apnée et la plongée sont interdits.

«Ces récifs artificiels sont là pour régénérer les stocks de poissons, rappelle Didier Réault, conseiller municipal à la Ville de Marseille, délégué à la mer. Pour les protéger, il était impératif de les identifier clairement ». La fabrication, la pose et l’entretien de ces trois balises à flotteur immergés (BFI) ont coûté près de 130 000 euros à la Ville de Marseille, concessionnaire du récif pendant 30 ans. Au total, ce sont plus de 6 millions d’euros qui ont été déboursés pour créer cet espace unique, une somme financée à 80% par l’Europe, l’Agence de l’eau et le Conseil régional PACA.

Cinq fois plus de poissons

Entre novembre 2007 et juillet 2008, 25 000 m3 de récifs artificiels ont été immergés à une trentaine de mètres de profondeur, entre la Corniche et les îles du Frioul.  Disposés sur les fonds de matte morte, à une trentaine de mètres de l’herbier de posidonie, ils ont été colonisés dès le premier jour par la faune et la flore aquatiques. « C’est une sorte de village avec ses quartiers, formés de 400 blocs de bétons percés, de pots à poulpes ou de parpaings, illustre Emilia Medioni, spécialiste du milieu marin à la Ville de Marseille. C’est cette diversité d’habitat qui permet d’attirer une multitude d’espèces ». Ainsi, les scientifiques du Centre d’océanologie de Marseille (COM), qui suivent de près l’évolution du récif, ont pu observer des daurades, des rascasses, des violets, des éponges…et même des barracudas!

Les premières pêches expérimentales, réalisées par des pêcheurs professionnels, accompagnés des scientifiques du COM laissent d’ailleurs penser que les poissons se multiplient à vitesse grand V. En à peine trois ans, la biomasse a été multipliée par cinq dans les récifs du Prado. Des résultats encourageants à comparer à ceux relevés à Carry le Rouet où, vingt ans après l’implantation du récif artificiel, les populations ont été multipliées par quarante. « C’est la preuve que l’effet réserve fonctionne quand il est bien compris par tous les acteurs », résume Didier Réault. Une étude socio-économique devrait d’ailleurs mesurer l’impact sur la pêche professionnelle. «Mais ce récif ne nous sert par qu’à « faire du poisson », insiste Emilia Medioni. C’est aussi un prétexte pour communiquer sur la nécessité de préserver le milieu marin ». Le Centre pédagogique de la mer a ainsi proposé aux élèves de seize classes d’écoles primaires marseillaises de parrainer des blocs du récif, afin de suivre leur évolution. Les scientifiques, eux, devraient pouvoir livrer leurs premières conclusions sur l’impact des récifs artificiels d’ici 2013.

Lire aussi :

Opération Récif Prado (2): Zoom sur le récif artificiel le plus important d’Europe « Opération Récifs Prado », le film (3)

Par