dimanche 21 décembre 2014

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Conférence de Nagoya : Quelle valeur donner à la biodiversité ?

26.10.2010 / Biodiversité, Santé et environnement / Source : Rédaction wiki2d - C.H. journalistewiki2d@gmail.com

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La biodiversité est au cœur de la 10e conférence de l’ONU qui se tient en ce moment à Nagoya, au Japon. Un rendez-vous déterminant pour les 193 états signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. L’analyse de Bernard Delay, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

Lors de l’ouverture de la conférence de Nagoya, Achim Steiner, le directeur du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), affirmait que « nous sommes en train de détruire la vie sur Terre ». Partagez-vous les inquiétudes des spécialistes ?

Aujourd’hui, il faut bien admettre que l’objectif d’enrayer l’érosion de la biodiversité d’ici 2010, fixé en 2002 lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, n’a pas été atteint. A Nagoya, les États doivent donc fixer de nouveaux objectifs, de nouvelle échéances et trouver des solutions de financement. La dimension économique est omniprésente, notamment à travers la question du partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques. Prenons un exemple: aujourd’hui, nombre d’industries pharmaceutiques occidentales commercialisent des molécules prélevées dans les pays du Sud. L’enjeu est de déterminer combien une ressource génétique peut rapporter, pour ensuite estimer la part qui revient aux pays qui fournissent cette matière première.

N’est-il pas difficile de donner une valeur économique à la nature ?

Lors de la conférence, l’économiste indien Pavan Sukhdev a présenté les conclusions de son étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité, qui se rapproche beaucoup des travaux de Stern sur le changement climatique. Il évalue les bénéfices de la biodiversité sur l’économie mais aussi le coût du déclin de la diversité biologique. Cependant, le danger est de tomber dans l’utilitarisme et ne protéger que les espèces et écosystèmes qui « rapportent ». Ainsi, on parle beaucoup de la protection des pollinisateurs car on sait que leur disparition coûterait cher, mais certaines espèces patrimoniales, comme l’Aigle de Bonelli, n’ont pas de prix. C’est un peu comme estimer un tableau : il n’a que la valeur qu’on lui donne.

Comment mettre en place une action coordonnée pour préserver la biodiversité ?

Les États travaillent à la création d’un organisme scientifique international, spécialiste des questions de biodiversité : l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodivesity and Ecosystem Services, en français Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). A l’image du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il réunirait des scientifiques qui pourraient apporter une expertise sur l’état de la biodiversité, alerter l’opinion publique et donner des recommandations aux gouvernements. Sa naissance officielle est prévue à la fin de l’année 2010.

Pour aller plus loin :

La biodiversité en 10 questions réponses Le texte de la Convention sur la diversité biologique (CDB) Dossier de Mediaterre sur Nagoya au quotidien. Consulter le site de l’Agora 21.

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